Cancers du sein et de l’appareil génital féminin

Prise en charge des cancers du sein et de l’appareil génital féminin

CHU Amiens-Picardie

La chirurgie des cancers du sein et de l’appareil génital féminin, la radiothérapie et la chimiothérapie sont réalisées dans des établissements de santé autorisés. La liste est disponible sous forme d’une carte interactive notamment pour notre région sur le site internet de l’institut national du cancer (INCa) : www.e-cancer.fr. Le service de gynécologie-obstétrique et la clinique du sein du CHU Amiens-Picardie participent pleinement à cette offre de soins.

La prise en charge des cancers féminins au CHU Amiens-Picardie : une équipe médicale pluridisciplinaire pour vous accompagner

Chirurgie :
– Sénologie (sein) : Pr F Sergent*, Dr P Naepels, Dr A Mancaux, Dr P Théret
Gynécologie : Pr J Gondry, Pr F Sergent*, Dr O Gagneur, Dr S Sanguin, Dr A Mancaux, Dr P Théret
Plastique : Pr R Sinna*

Radiologie : Dr M Zitoun*

Anatomopathologie : Pr H Sevestre, Dr Christophe Attencourt

Radiothérapie : Pr C Krzisch, Dr A Coutte, Dr A-R Henry*

Oncologie médicale : Pr B Chauffert, Dr C Bihan*, Dr Emma Lachaier

Oncogénétique : Dr Emma Lachaier

* Médecin référent


 

Le cancer du sein

Le cancer du sein est une maladie des cellules qui constituent la glande mammaire. Il se développe à partir d’une cellule initialement normale qui se transforme et se multiplie de façon anarchique pour former une masse, appelée tumeur maligne.

Avec 48 763 nouveaux cas de cancers du sein en France en 2012, le cancer du sein est le plus fréquent des cancers de la femme dans notre pays. Il représente à lui seul 31,5% des nouveaux cas de cancer chez la femme. Il est également avec 11 886 décès en 2012, la première cause de décès par cancer chez la femme en France.

Dans 8 cas sur 10, il se manifeste à partir de 50 ans, ce qui justifie la politique actuelle de dépistage du cancer du sein par mammographie (radiographie des seins) tous les 2 ans entre 50 et 74 ans en dehors de facteurs de risque personnel ou familiaux.
Le cancer du sein est très rare chez l’homme (1 %).
Dans 5 à 10 % des cas, le cancer du sein est lié à une prédisposition génétique qui nécessite une prise en charge spécifique (consultation d’oncogénétique).

Une fois le diagnostic de cancer du sein posé à la mammographie et confirmé par la biopsie (petit prélèvement de tissu pour analyse), la chirurgie qui est le traitement principal doit être réalisée rapidement.

La clinique du sein : un diagnostic en 24H

La clinique du sein du CHU Amiens-Picardie permet un diagnostic rapide en 24 heures des anomalies repérées par les patientes elles mêmes, leur médecin traitant ou leur gynécologue.
Ce diagnostic rapide offre la possibilité d’une prise en charge chirurgicale dans les meilleurs délais.

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L’ablation de la tumeur : tumorectomie
La chirurgie peut être complétée, selon les cas, par une radiothérapie et/ou une chimiothérapie et/ou une hormonothérapie. La chirurgie consiste le plus souvent à retirer uniquement la tumeur en conservant le sein ainsi que le ganglion de l’aisselle le plus à risque d’être atteint par la maladie appelé ganglion sentinelle.

L’ablation du sein : mastectomie
La chirurgie peut parfois être plus large et nécessiter d’enlever la totalité du sein. Dans certains cas, l’ensemble des ganglions de l’aisselle doivent également être enlevés. Le choix entre une chirurgie conservatrice et une mastectomie est fait en fonction des cas et en concertation avec la patiente.
Si la totalité du sein est enlevée, différentes techniques de reconstruction mammaire sont proposées (techniques d’oncoplastie, chirurgie plastique avec ou sans prothèse).

La radiothérapie utilise des rayons pour détruire localement les éventuelles cellules cancéreuses résiduelles tout en préservant au maximum les tissus sains voisins.

La chimiothérapie utilise des médicaments anticancéreux qui agissent dans l’ensemble du corps sur toutes les cellules cancéreuses, y compris celles qui ne sont pas repérables par les examens. Elle peut nécessiter la pose d’une chambre implantable, petit réservoir placé sous la peau relié directement aux vaisseaux sanguins pour faciliter la diffusion de la chimiothérapie. La chimiothérapie est le plus souvent utilisée après la chirurgie afin de réduire le risque de rechute de la maladie (chimiothérapie adjuvante).
Elle peut aussi être réalisée avant la chirurgie en vue de réduire la taille de la tumeur et faciliter ainsi l’opération (chimiothérapie néo-adjuvante).

La thérapie ciblée : dans certains cas, certains médicaments spécifiques d’un type de cancer du sein donné peuvent être utilisés.

L’hormonothérapie est proposée pour les cancers du sein ayant des récepteurs hormonaux, dits hormonosensibles. L’hormonothérapie utilise des médicaments qui empêchent l’action stimulante des hormones féminines sur la croissance des cellules cancéreuses.

 

L’appareil génital féminin comprend un certain nombre d’organes :
– la vulve et le vagin,
– l’utérus, divisé en deux parties, le col et le corps tapissé intérieurement par la muqueuse endométriale,
– les trompes et les ovaires.

Les cancers au niveau de la vulve, du vagin et de la trompe sont assez rares.
Les cancers les plus fréquents chez la femme sont :
– au niveau du corps utérin (plus de 5 000 nouveaux cas),
– au niveau des ovaires (4 500 nouveaux cas annuels),
– au niveau du col (plus de 3 000 nouveaux cas par an).

 

Les cancers du col utérin

Les cancers du col utérin sont facilités par les infections génitales engendrées par le papillomavirus (HPV), le tabagisme et le sida.

Le frottis
Les cancers du col utérin se dépistent facilement à condition de se soumettre régulièrement à un frottis cervico-vaginal. Ce test reconnaît les états précurseurs du cancer du col utérin (lésions précancéreuses ou dysplasies) qui sont le plus souvent peu symptomatiques et qui précèdent généralement de 10 à 15 ans le cancer.
On dispose donc d’un temps assez long pour traiter ces états précancéreux. Cela permet de prévenir la phase la plus grave de la tumeur, celle qui se manifeste par des saignements gynécologiques, c’est-à-dire le cancer invasif du col utérin capable lui d’essaimer à distance pour donner des métastases.

Les lésions précancéreuses ont la possibilité de régresser spontanément, en fonction de leurs caractéristiques propres et de celles de la femme qui en est porteuse. Mais elles doivent impérativement être surveillées car certaines de ces lésions peuvent aussi évoluer vers un authentique cancer du col utérin. Le rôle du gynécologue et de la colposcopie (examen du col utérin à la loupe) est précisément de surveiller ces lésions et de prévenir leur évolution vers le cancer invasif.
Selon l’importance des lésions précancéreuses ou en cas de non régression de celles-ci, il sera proposé une destruction de ces lésions soit par vaporisation laser soit par cryothérapie (destruction par le froid) ou bien par électroconisation.

L’électroconisation est une intervention chirurgicale limitée et rapide qui consiste à retirer la portion de col utérin malade, c’est-à-dire celle concernée par les lésions précancéreuses. L’électroconisation s’effectue sous contrôle du colposcope de façon à ne retirer de façon précise que ce qui est nécessaire de tissu malade et pas plus, au risque sinon de provoquer chez les femmes jeunes une infertilité, des fausses-couches ou des accouchements prématurés.
Au stade plus avancé, dit invasif (stades I à IV), des traitements locaux (curiethérapie vaginale) ou régionaux comme la chirurgie (hystérectomie totale – ablation de l’utérus et de son col et très souvent des ovaires) ou la radiothérapie permettent des guérisons, mais pas systématiques. Parfois une chimiothérapie accompagne l’irradiation externe.

La chirurgie est le plus souvent réalisée sous cœlioscopie (intervention sous caméra sans réelle ouverture de la cavité abdominale) ce qui est moins douloureux et autorise une reprise plus rapide de l’activité de vie quotidienne des personnes.

Chacun des traitements proposés, quand il est appliqué de façon rigoureuse, permet d’envisager la guérison de 85 % des tumeurs au stade I et de 70 % des tumeurs au stade II.

 

Les cancers du corps utérin
(cancers de l’endomètre)

Les cancers du corps utérin, aussi appelés de l’endomètre, se révèlent le plus souvent après la ménopause. Ils se manifestent par des saignements d’origine gynécologique qui proviennent de l’utérus (métrorragies). Le diagnostic se fait alors par des prélèvements de muqueuse endométriale (biopsies).
Le traitement le plus courant est chirurgical. Il consiste en l’ablation de la totalité de l’utérus et des ovaires, parfois même des ganglions de l’abdomen situés sous la veine rénale et du pelvis. Cette chirurgie doit être préférentiellement réalisée sous cœlioscopie. Une curiethérapie vaginale peut être proposée en plus, tout comme une radiothérapie.

 

Les cancers de l’ovaire

Les cancers de l’ovaire, indétectables par un test de dépistage, se développent lentement, et de ce fait sont encore trop souvent diagnostiqués à un stade évolué.

La chirurgie est le premier temps du traitement. Son objectif est le retrait complet des lésions cancéreuses et l’évaluation des ganglions de l’abdomen et du bassin. Il s’agit d’une chirurgie importante par son étendue puisqu’elle consiste en l’ablation de la totalité de l’utérus, des deux ovaires, de l’épiploon (tablier graisseux appendu à l’estomac et au colon), des ganglions pelviens, ganglions lombo-aortiques sous rénaux, parfois de l’appendice et des autres organes qui pourraient être atteints.
L’absence de résidu tumoral après la chirurgie est le principal facteur de pronostique, ce qui justifie la prise en charge de cette maladie par une équipe chirurgicale entrainée.

La chimiothérapie est la plus souvent indiquée pour compléter la chirurgie. Lorsque la chirurgie complète d’emblée n’est pas envisageable, une chimiothérapie précédant la chirurgie est indiquée.
Les tumeurs de l’ovaire dites « border-line » sont des tumeurs à faible potentiel malin. Elles surviennent souvent chez des femmes plus jeunes. Leur pronostic est bien meilleur et leur traitement se limite à un geste chirurgical peu étendu préservant la fertilité (ablation de l’ovaire malade mais conservation de l’utérus et de l’autre ovaire sain).