I- RAPPORT BÉNÉFICE-RISQUE DE L’APROTININE DÉFAVORABLE EN CHIRURGIE CARDIAQUE
L’aprotinine (Trasylolâ) utilisé durant la chirurgie cardiaque pour limiter le risque de saignements, est associé à une augmentation de la mortalité à long terme, selon une étude qui avait déjà mise en cause l’aprotinine il y a un an, en rapportant une augmentation des complications à court terme. Le produit était associé à une élévation des risques d’insuffisance rénale, d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral, alors que deux autres anti-fibrinolytiques évalués parallèlement, l’acide tranéxamique et l’acide aminocaproïque, ne présentaient pas ces complications.
Entre temps, la FDA avait communiqué sur le risque d’allergies sévères en particulier de choc anaphylactique avec cet anti-fibrinolytique.
Dans l’étude qui vient d’être publiée et qui porte sur 3876 patients, il est rapporté un excès de 48 % de décès sous aprotinine par rapport à des patients qui n’avaient pas reçu d’aprotinine (20,8 % à 5 ans contre 12,7 %).
Les problèmes de sécurité d’emploi de l’aprotinine ne seraient donc pas limités à la période périopératoire.
Mangano D. Mortality associated with aprotinin during 5 years following coronary artery by pass graft surgery. JAMA 2007 ; 297 : 471-9.