Cancers de la tête, du cou et du visage

Cancers de la cavité buccale, des maxillaires, de l'oropharynx et des VADS, Cancers cutanés de la face et du cuir chevelu

CHU Amiens-Picardie

Le service de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie du CHU Amiens-Picardie prend en charge les :
– Cancers de la cavité buccale, des maxillaires et de l’oropharynx
– Cancers des VADS (voies aérodigestives supérieures)
– Cancers des glandes salivaires
– Cancers cutanés (peau du visage, du cou et du cuir chevelu )
– La Chirurgie réparatrice et reconstructrice du visage
– Les séquelles des traitements chirurgicaux et d’irradiation
Le service de CMF est recours régional et national des cancers récidivés et des complications liées aux traitements initiaux (chirurgie et/ou radiothérapie). Il participe à la réunion  pluridisciplinaire nationale bimensuelle du réseau REFCOR (Réseau Français des Cancers ORL Rares)

L’équipe médicale du service de Chirurgie Maxillo-Faciale et Stomatologie

Chef de service, Professeur des Universités. Praticien Hospitalier : Pr Sylvie TESTELIN

Professeur des Universités. Praticien Hospitalier : Pr Bernard DEVAUCHELLE

Praticiens hospitaliers :
– Dr Amandine ALGRIN
– Dr Stéphanie DAKPE

Chefs de clinique :
– Dr Amandine ALGRIN
– Dr Jérémie BETTONI

Praticiens attachés :
– Dr Ghassan BITAR
– Dr Cica GBAGUIDI
– Dr Sébastien LAVAQUERIE

Localisation

CHU Amiens-Picardie – Site Sud (entrée principale)
1 rond-point du Professeur Christian Cabrol
80054 Amiens
Consultation : Rez-de-chaussée – Hall 1
Consultez les plans d’accès

Contacter le service

TEL : 03 22 08 90 50   

Fax : 03 22 66 79 94


Les régions anatomiques

La cavité buccale est une région anatomique de la bouche qui comporte la langue, le plancher buccal, les gencives et les joues.

L’oropharynx est une région anatomique de la gorge qui comporte les amygdales, le voile du palais, l’arrière de la langue et l’arrière de la gorge.

Les 3 facteurs de risque connus du cancer de l’oropharynx sont :

une consommation régulière de tabac, ce risque persiste même plusieurs années après l’arrêt du tabac,
une consommation régulière d’alcool, surtout en association avec une intoxication tabagique
une infection ancienne, asymptomatique et souvent non connue par le patient par un virus de la famille des papillomavirus humains (HPV en anglais pour Human Papillomavirus). Certains de ces virus dits de « haut risque » peuvent provoquer un cancer. Le cancer du col de l’utérus est un cancer connu depuis longtemps pour être lié à une infection par un virus HPV de haut risque. Le lien entre certains cancers de l’oropharynx et les virus HPV de haut risque est plus récent. (source INCa)

Les maxillaires qui comporte la mandibule, le maxillaire et les gencives.

La peau du visage, du cou et du cuir chevelu.


Quelle est la différence entre une tumeur bénigne et une tumeur maligne ?

Critères cliniques

Ce sont ceux que le médecin retrouve par l’inspection et la palpation.
Une tumeur bénigne est bien limitée, c’est-à-dire, qu’elle n’adhère pas aux structures environnantes. Elle n’engendre habituellement pas de complications nerveuses ou vasculaires.

Au contraire, une tumeur maligne est moins facilement individualisable.
Elle adhère aux structures environnantes, les envahit et est responsable de complications vasculaires, nerveuses, de fractures spontanées par envahissement osseux etc.

En bouche, une tumeur maligne peut avoir 3 caractéristiques particulières :

l’induration : quand le médecin passe son doigt sur la tumeur, celle-ci est dure,
le saignement au contact : au moindre contact, la tumeur saigne,
l’absence de cicatrisation spontanée.

Au niveau de l’oropharynx , le diagnostic de tumeur maligne doit être suspecté devant :

• un trouble de la déglutition avec une difficulté à avaler (dysphagie) ou une douleur à la déglutition (odynophagie) ou des fausses routes alimentaires. Ces symptômes peuvent entraîner une perte de poids, une douleur au fond de l’oreille (otalgie) sans cause évidente à l’examen de l’oreille ou une limitation douloureuse de l’ouverture de la bouche (trismus).
• une difficulté respiratoire (dyspnée). C’est le plus souvent le signe d’une tumeur localement évoluée.
• un ou des ganglions dans le cou qui sont augmentés de volume (adénopathies) et qui persistent malgré les traitements médicaux prescrits. Il est important de préciser que ces symptômes doivent attirer l’attention du patient ou des médecins lorsqu’ils persistent malgré les premiers traitements médicaux prescrits, et ceci quel que soit le sexe, sans limite d’âge, et qu’il existe ou non une intoxication tabagique ancienne ou actuelle.

Critères histologiques et anatomopathologiques

Ce sont ceux retrouvés au microscope à faible grossissement lors de l’examen d’un fragment de la tumeur, il montre la structure générale de la tumeur :

• pour une tumeur bénigne, la structure est « identique » à une structure normale. Par exemple, un lipome, qui est une tumeur bénigne correspondant à une prolifération de cellules graisseuses, a une structure microscopique « identique » à de la graisse normale. Les limites de la tumeur bénigne sont bien individualisées. C’est une sorte d’unité correspondant à une prolifération locale de tel ou tel type de cellules,
pour une tumeur maligne au contraire, l’architecture est anarchique, ne ressemblant pas à une structure normale. Les limites sont mal discernables car il y a envahissement des tissus environnants.

Critères cytologiques

Ils sont retrouvés au microscope à fort grossissement pour examiner directement les cellules de la tumeur :

les tumeurs bénignes sont faites de cellules d’aspect normal,
les tumeurs malignes sont faites de cellules d’aspect anormal.

Critères évolutifs

Le mode d’évolution différencie fondamentalement les tumeurs bénignes des tumeurs malignes :

• la tumeur bénigne évolue localement. Elle va croître et repousser les éléments qui l’entourent. Par exemple un lipome de la joue va former une boule, une tuméfaction qui peu à peu va grandir et devenir apparente. Cette tuméfaction peut déformer la joue, repousser l’aile du nez,
la tumeur maligne a au contraire une évolution invasive. Elle va envahir les structures qui l’environnent, « ronger » les os, infiltrer les vaisseaux sanguins, lymphatiques ou les nerfs. Par exemple, l’envahissement d’un vaisseau pourra provoquer des saignements, l’envahissement d’un nerf pourra provoquer des troubles sensitifs ou moteurs. La tumeur maligne a tendance à métastaser. Ce terme signifie que des cellules de la tumeur vont se répendre dans l’organisme en utilisant les vaisseaux ou les nerfs. Selon le type de tumeur maligne initiale et sa localisation, les cellules qui essaiment vont aller se fixer préférentiellement à certains endroits de l’organisme : poumons, os, foie. Une fois fixées, ces cellules vont se multiplier et former, peu à peu, une nouvelle tumeur visible qui aura le même mécanisme de croissance et d’agression que la tumeur initiale. Une tumeur maligne est donc initialement une maladie locale qui devient ensuite, plus ou moins rapidement, une maladie générale.


Une prise en charge pour chaque cancer

Cancers de la cavité buccale, des maxillaires et de l'oropharynx

Consultation

Devant de tels symptômes, un examen clinique approfondi par un chirurgien spécialiste s’impose. TOUT SIGNE CLINIQUE PERSISTANT PLUS DE 3 SEMAINES DOIT ALERTER ET FAIRE CONSULTER UN SPÉCIALISTE RAPIDEMENT !

Le médecin pratiquera un examen de la bouche et du fond de la gorge. Il pourra pratiquer également un examen du larynx grâce à un fibroscope passé à travers le nez lors de la consultation. Cet examen est désagréable mais peu douloureux, un anesthésique local peut être pulvérisé dans le nez. Le médecin effectuera un examen et une palpation du cou.

La confirmation diagnostique : il est nécessaire de déterminer le type de cancer. La confirmation du diagnostic est apportée par le prélèvement d’un petit morceau de la lésion ou biopsie qui sera analysé (analyse anatomopathologique). Celle-ci est réalisée soit à la consultation si la lésion suspecte est accessible ou lors de l’examen sous anesthésie générale. En effet, si un cancer de l’oropharynx est suspecté lors de l’examen en consultation chez le spécialiste, celui-ci organisera un examen sous anesthésie générale appelé laryngoscopie. Cet examen approfondi permettra au médecin de réaliser des biopsies (prélèvement d'un échantillon de tissus de l'organisme), d’apprécier l’étendue de la tumeur, et de rechercher une éventuelle autre tumeur. Les patients ayant un cancer de l’oropharynx peuvent présenter en même temps un autre cancer dans la même région ou à côté (cavité buccale, pharynx, larynx, œsophage, trachée, bronches).

Bilan d'extension

Il est ensuite nécessaire de déterminer le stade de la maladie (autres tumeurs, atteinte des tissus en profondeur et avoisinants) et statuer sur l’état général du patient pour décider du traitement adapté. Il consiste en plusieurs examens réalisés lors d’une hospitalisation de quelques jours ou à l’extérieur de l’hôpital. Ce bilan d'extension comporte :

  • une endoscopie (laryngoscopie) avec examen de l’hypopharynx et du larynx avec biopsies si nécessaire,
  • une fibroscopie de l’œsophage et de l’estomac (fait par les spécialistes de gastro-entérologie),
  • un scanner cervico-facial et du thorax (avec injection de produit de contraste) sera systématiquement réalisé. Cet examen radiologique est rapide et non douloureux. Votre médecin aura au préalable vérifié que vous ne présentez pas de contre-indication à sa réalisation.

Cet examen a plusieurs objectifs évaluer le degré d’extension locale du cancer, rechercher une extension du cancer aux ganglions du cou, rechercher une extension aux poumons (métastases pulmonaires) et rechercher un cancer du poumon synchrone, c’est- à-dire que les deux cancers de l’oropharynx et du poumon seraient découverts en même temps. En effet, une consommation régulière de tabac est un facteur de risque très important de cancer du poumon.

Une IRM cervico-faciale sera parfois réalisée pour préciser certaines extensions locales du cancer. En cas d’image pulmonaire suspecte au scanner ou en cas de cancer de l’oropharynx de stade avancé, un des médecins spécialistes pourra demander une tomographie par émission de positons couplée à un scanner appelée TEPTDM au 18FDG. Cet examen est réalisé dans un service de médecine nucléaire.

Un bilan général et un bilan nutritionnel sont organisés pendant le séjour. A la suite de ces bilans, le chirurgien reçoit le patient pour l’informer des résultats des examens et du bilan évoquant le diagnostic, le stade de la maladie et les propositions de traitement. Il explique le principe de la Réunion de Concertation Pluridisciplinaire et organise le rendez-vous.

Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP)

La Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) regroupe les chirurgiens maxillo-faciaux, les radiothérapeutes, les oncologues, les radiologues, la participation de l’infirmière de la consultation d’annonce et un attaché de recherche (en cas d’inclusion pour un protocole de recherche ou suivi d’essai clinique).

Consultation d’accompagnement

La consultation d'accompagnement complète l’information du patient afin qu’il puisse reformuler les informations, les questionnements sur le traitement proposé, les suites du traitement, les conditions du retour à domicile et les soins nécessaires (infirmiers, kinésithérapie, orthophonie….), le suivi et les conséquences sur sa vie quotidienne et professionnelle puis la surveillance (examens et rythme).

L’infirmière réexplique les étapes et les prochains rendez-vous pour l’hospitalisation, le traitement et les éventuels autres examens complémentaires.

En fonction des besoins, l'infirmière pourra faire appel à d’autres professionnels tel que le psychologue ou psychiatre, la consultation d’addictologie (alcool et tabac), les assistants sociaux et le diététicien.

A l'issue de la consultation d'annonce, les différents rendez-vous (examens, consultations, traitement...) sont confirmés.

Traitement

La proposition de traitement dépend du type de tumeur et de son stade, de sa localisation et de l’état général du patient. Le plus souvent le traitement est la chirurgie (exérèse tumorale et des ganglions),

Peuvent être associés la radiothérapie (« rayons ») et la chimiothérapie successivement ou conjointement en fonction du stade ou des résultats de la chirurgie initiale.

Le service de chirurgie maxillo-faciale est responsable du bilan et de l’accompagnement au cours du traitement. Tous les actes de chirurgie y seront réalisés, ils concernent la résection de la tumeur et des ganglions cervicaux souvent nécessaires mais également la reconstruction qui permettra d’assurer la restauration de toutes les fonctions faciales (mastication, phonation, déglutition, expression…) avec le moins de séquelles cicatricielles possibles.

Ablation de la tumeur

(nécessairement à distance de la tumeur (1 cm), la résection emporte un fragment important de la zone atteinte concernant le plus souvent plusieurs tissus et zones anatomiques (langue, plancher buccal, mâchoire, joue, oropharynx et tissus cutanés en regard)

  • la pelviglossectomie
  • l’oropharyngectomie
  • la pelvi-mandibulectomie
  • la glossectomie (partielle ou totale)
  • les évidements cervicaux

Principes de reconstruction

Après des résections tumorales importantes, il est souvent nécessaires de recourir aux reconstructions faisant appel aux lambeaux libres, c’est-à-dire prenant sur le corps du patient les tissus (os, muscle, peau, muqueuse….) pour restituer la forme et la fonction :

  • les lambeaux cutanés : lambeau antibrachial, lambeau de la face antérieure de la cuisse,
  • les lambeaux osseux : lambeau de crête iliaque, lambeau de péroné, lambeau de l’omoplate,
  • les lambeaux musculaires et musculo-cutanés : lambeau de serratus, lambeau de gracilis, lambeau musculo-cutané de grand dorsal,
  • les lambeaux composites : lambeau de péroné, lambeau thoraco-dorsal Chacun peut-être associé à un autre lambeau et à d’autres tissus ( nerf, cartilage ,os) en fonction des besoins de la reconstruction.

Suivi et surveillance

Le suivi avec :

  • des consultations régulière en post-opératoire (une à deux fois par quinzaine) jusqu’à cicatrisation complète et reprise des fonctions (adaptations des traitements),
  • des consultation après le temps de radiothérapie (2 mois) ou en cours si nécessaire (adaptation du régime alimentaire, soins locaux).

La surveillance avec :

  • des examens cliniques : chaque mois puis tous les trois mois pendant deux ans puis tous les six mois pendant deux ans et tous les ans en alternance entre les acteurs du traitement (chirurgien- radiothérapeute, oncologue) en lien avec le médecin traitant,
  • des examens de contrôle : premier scanner à trois mois après le traitement (référence) puis en fonction des localisations et des symptômes
  • des endoscopie digestive (chaque année, recherche d’un autre cancer)
Cancers cutanés de la face et du cuir chevelu

Les tumeurs cutanées faciales sont prises en charge dans le service de Chirurgie Maxillo-Faciale car le traitement fait le plus souvent appel à la chirurgie avec des techniques de reconstruction spécifiques.

Les lésions tumorales faciales peuvent être bénignes ou malignes. Les techniques chirurgicales d’exérèse dépendent avant tout des limites : marges d’exérèse (plus importantes pour les lésions malignes : cancers). De ce fait, la reconstruction sera parfois plus complexe, plus visible.

La consultation

Le plus souvent, le médecin traitant ou le dermatologue adresse le patient à la consultation de Chirurgie Maxillo-Faciale avec une proposition de diagnostic, avec une biopsie réalisée au niveau d’une lésion observée. L’examen clinique permet de confirmer le diagnostic, la taille, la localisation et la nécessité de son ablation puis de la reconstruction en fonction de la topographie et de la taille.

Rappels anatomiques de la face : la face (le visage) – le cuir chevelu – le cou

Diagnostic et organisation du traitement

La consultation auprès du chirurgien spécialiste est nécessaire pour confirmer le diagnostic et organiser la prise en charge.

Les lésions malignes les plus fréquentes sont :

  • les carcinomes basocellulaires (sur les zones exposées du visage),
  • les carcinomes épidermoïdes (spinocellulaires),
  • plus rarement les mélanomes malins

Les lésions précancéreuses (pré-épithéliomateuses) comme la maladie de Bowen et la maladie de Dubreuilh

Il est nécessaire d’avoir une biopsie de la lésion (souvent réalisée par le dermatologue), sinon elle sera réalisée lors de la consultation sous une simple anesthésie locale.

Après son examen, le chirurgien explique la technique opératoire :

  • résection de la tumeur avec des marges de sécurité de 5 mm s’il s’agit d’une lésion basocellulaire ou plus d’un centimètre s’il s’agit d’un épithélioma, et très large pour les mélanomes malins en fonction de l’épaisseur,
  • reconstruction dans le même temps s’il n’y a pas de doute sur la résection, sinon elle sera faite à distance. Selon la topographie et la taille, la reconstruction fera appel à de la peau adjacente ou à distance. Les propriétés élastiques de la peau permettent parfois d’affronter les berges de la perte de substance s’il n’y a pas de traction. Pour des pétites lésions, la cicatrisation peut se faire seule.

Si cela est possible, un fragment cutané adjacent est déplacé pour combler l’espace (il s'agit d'un lambeau) : lambeau de translation, lambeau de transposition, lambeau de rotation, lambeau en ilôt, lambeaux régionaux pédiculés (frontal, cuir chevelu) ou encore lambeaux à distance (lambeau libre de Pribaz pour l’oreille). Ceci correspond, par l'utilisation de la peau adjacente, au principe d’une moindre visibilité de la reconstruction. Dans certains cas (patients âgés ou fragiles, zones mal délimitées...), des techniques de simples greffes cutanées expansées sont utilisées et devront être couvertes pendant 5 jours par un pansement type tulle gras.

Réunion de Concertation Pluridisciplinaire de tumeurs cutanées (RCP)

La Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) des tumeurs cutanées regroupe les dermatologues, les chirurgiens maxillo-faciaux, les oncologues et la participation de l’infirmière de la consultation d’annonce

Tous les cas de tumeurs malignes cutanées de la face sont enregistrés et ou discutés à cette RCP.

Le diagnostic de lésion épidermoïde, en particulier, conduira à un bilan d’extension avec palpation du cou à la recherche de ganglions puis échographie ou scanner et décision à prendre en fonction du stade et du patient. Le suivi sera rapproché.

Le diagnostic de mélanome malin, conduira à un bilan d’extension comprenant un scanner corps entier avec la décision thérapeutique prise en concertation à la RCP, stadification et organisation du suivi. La chirurgie d’exérèse sera plus large pour les mélanomes (marges de 1 à 5 cm) et la reconstruction plus complexe. S’il y a un ou plusieurs ganglions, il faudra organiser l’ablation (technique du ganglion sentinelle et/ou curage cervical). A chaque fois que cela est possible, la technique  du ganglion sentinelle sera proposée (ablation élective du ganglion après repérage par technique d’imagerie).

Le patient sera photographié pour documenter le dossier et faciliter l’argumentation per et post-opératoire.

Projet QUICKFACE pour les cancers cutanés de la face : un circuit ultra court en ambulatoire sous anesthésie locale

Si cela est possible, la réalisation de l’acte chirurgical dans un circuit ultra-court sera proposé dans le bloc opératoire d’anesthésie locale de Chirurgie Maxillo-Faciale  situé au RDC au même endroit que la consultation. Le patient aura la proposition d'une date et d’une heure de venue et l’ensemble des informations nécessaires concernant la réalisation du geste chirurgical. Si le patient est d’accord, il est parfois possible de réaliser le geste chirurgical le même jour.

Un accompagnement par hypnose conversationnelle est également possible si l’intervention  si prête et que le patient est « réceptif », cela peut être évalué lors de la première consultation par l’infirmière référente.

Les principales étapes du circuit ultra court  :

  • accueil au Hall 1,
  • accueil en Consultation de CMF,
  • accueil au Bloc Opératoire Anesthésie Locale CMF,
  • sortie du Bloc et surveillance dans une salle dédiée
  • remise des consignes post-opératoires, du compte rendu opératoire et du courrier de sortie destiné au médecin traitant,
  • rendez-vous de suivi opératoire,
  • remise des ordonnances et sortie autorisée après surveillance et avis médical.

En cas de lésion trop importante (extension), une prise en charge sous anesthésie générale sera requise. Alors, on organisera l’hospitalisation avec une date d’intervention, une consultation préanesthésique, l’explication de l’hospitalisation, du geste et des suites : possibilité de chirurgie ambulatoire à l’UMCA ou dans le service de CMF.

Explication du suivi

Des soins infirmiers à domicile quotidiens seront prescrit jusqu’à cicatrisation. Souvent, l’application d'un corps gras sur la zone opérée sera préféré au pansement :

  • entre J5 et J7 : les fils seront ôtés et la qualité de la cicatrisation sera vérifiée lors d'une consultation de pansement,
  • entre J8 et J10 : le chirurgien contrôlera et informera le patient sur le résultat histologique de la pièce opératoire.

Le rythme et le type de suivi sera décidé en fonction du type de chirurgie effectuée. Le plus souvent à 1 mois, à 6 mois avec le chirurgien puis à 2 mois avec le dermatologue référent. Ceci est à pondérer en fonction du type histologique, de l’existence d’un traitement complémentaire ou de suites compliquées.

Risques et complications

Les risques et complications sont ceux de tout geste chirurgical : hématome, infection ou désunion. Les risques anesthésiques sont moins importants que les risques induits par une anesthésie générale.

Le suivi infirmier est essentiel à la prévention des risques avec surveillance de la bonne évolution locale (couleur, température et aspect de la peau) qui conduira à une consultation spécialisée au besoin. En fonction des signes, une antibiothérapie pourra être instaurée, un drainage de l'abcès ou de l'hématome ou une reprise chirurgicale.

La surveillance à domicile est essentielle en cas de reconstruction par lambeau car il faudra en surveiller la couleur, et l'aspect et alerter le service des consultations CMF du CHU Amiens-Picardie 03 22 08 90 54 si besoin.

Conseils et suivi a long terme 

Le suivi dermatologique (tumeur) est assuré par le dermatologue et le chirurgien (radiothérapeute dans le cadre de traitement complémentaire).

Pendant la première année, le suivi de la reconstruction est assuré par le chirurgien au moins (temps de cicatrisation complète au-delà duquel il est admis qu’il n’y aura plus de modification). Les cicatrices doivent être protégées de toute exposition solaire (écran total, chapeau de protection, lunettes de soleil).

Kinésithérapie

A partir du premier mois (ou période "douloureuse" passée) il est possible de conseiller de masser (palper-rouler, étirements) et ceci selon la topographie.

Selon la localisation, un drainage lymphatique sera prescrit pour favoriser la résorption des oedèmes (paupière, cervical).

S’agissant de chirurgie péri-orificielle, un conformateur est parfois utilisé (appareillage en silicone réalisé sur mesure qui limite la rétraction cicatricielle au niveau des narines, des oreilles et des paupières).

En cas de radiothérapie complémentaire, l’attention est portée aux réactions cutanées : inflammation, œdème, rétraction pour lesquelles sera proposé un traitement dermatologique spécifique (crème, onguent) et une kinésithérapie.

Esthétique

A partir du premier mois ou dès que la cicatrisation initiale est acquise, un maquillage courant hypoallergénique spécifique pourra être réalisé. Au besoin, dans les cas complexes, une consultation auprès d’une infirmière spécialisée (camouflage, conseils cosmétiques, dermopignmentation) est possible.

Sur proposition médicale, un geste complémentaire pourra être réalisé.

Traitements complémentaires

A distance du geste initial et de la cicatrisation (un an), on pourra proposer en cas d’aspect disgracieux, rétractile, dyschromique, une reprise chirurgicale sous la forme de :

  • plastie : geste de résection-retention ou suspension effectuée sous anesthésie locale,
  • dermabrasion : mécanique (fraise diamantée) ou laser pour régulariser l’aspect cutané par un lissage superficiel qui peut être répétée,
  • filling « remplissage » : possibilité de combler une dépression et de rétablir un relief par injection d’un produit de comblement (acide hyaluronique ou graisse autologue centrifugée : méthode Coleman) (infiltration par aiguille sous anesthésie locale),
  • dermopigmentation : correction de la pigmentation d’une zone opérée (lèvre-cicatrice) par injection de pigment (tatouage) par une infirmière diplômée. Ceci se fait sous anesthésie locale,
  • expansion : procédé de distension cutanée par mise en place d’un expandeur permettant d’augmenter la surface cutanée adjacente à une cicatrice disgracieuse et donc de la recouvrir dans un second temps de plastie (le plus souvent sous anesthésie générale).

Tous les autres gestes de chirurgie reconstructrice peuvent être utilisés pour corriger les séquelles de la chirurgie cutanée du visage afin que la trace de la résection tumorale reste la plus discrète possible sur la forme et les fonctions de relation et d’expression.


Projet de recherche : IDECAB et campagne Européenne MakeSense

Bien que l’examen de la cavité buccale soit facilement accessible, l’incidence des cancers des VADS (Voies Aéro-Digestives Supérieures) dans la Somme est 1,7 fois supérieure à l’incidence nationale chez l’homme et 1,4 fois supérieure chez la femme. Le pronostic étant étroitement lié au stade de développement de la maladie, la détection précoce des lésions précancéreuses et cancéreuses est primordiale.

Depuis 2013, le groupe IDECAB (Incitation au DEpistage des CAncers de la Cavité Buccale) constitué par l’équipe de Chirurgie Maxillo-Faciale en collaboration avec des représentants régionaux (Adema 80, l’OR2S, le Registre du Cancer de la Somme, le Service de Santé publique et d’Épidémiologie, le Comité départemental de la Ligue contre le Cancer, l’association Epicure et le réseau (ONCOPIC) organise des campagnes de sensibilisation menées en complément de la campagne européenne MakeSense (journées européennes de dépistage des cancers des VADS).

 


Liens utiles

Association de patients Corasso

Notre souhait est de pouvoir accompagner le plus grand nombre de patients et d’aidants, la Vice Présidente Caroline MAROS

Les missions de Corasso sont :

sensibiliser le grand public pour réduire les délais de diagnostic et limiter les séquelles,
lutter contre l’isolement des patients lié aux traitements et à l’altération de l’apparence et/ou de la voix,
contribuer à l’amélioration de la qualité des prises en charge aux cotés des soignants (avec notamment la participation à de nombreux congrès, dont le dernier en date, le 9ème congrès de l’Association Française des Chirurgiens de la Face).